A LA PROMOTION DES PESTICIDES !

dimanche, mars 12, 2006

La ludo-propagande du lobby agrochimique à l'oeuvre !


La visite édifiante du stand UIPP/UPJ de 80m2 qui démontre encore une fois que l'UIPP propose une vision plus qu'orientée de la réalité afin de duper le grand public et, c'est nouveau, nos enfants (voir la news la brochure destinées aux enfants). Nous avons réussi à saisir quelques images fort instructives avant de nous faire éconduire par un vigile fort peu aimable qui a tenté de nous empêcher de filmer et de photographier le stand. Bel exemple de transparence de la part de l'UIPP et de UPJ qui ne semblent pas vraiment assumer leurs actes.

Comme on peut le voir sur la photo ci-contre, il est très difficile pour le visiteur lambda de comprendre à qui il a affaire. Le logo UIPP est placé à une telle hauteur qu'il n'entre pas dans le champ de vision du visiteur. Comme sur la plaquette enfants, la signification du terme UIPP est quasiment illisible. Nulle part sur le stand, il n'est précisé de manière évidente que l'UIPP représente les intérêts de firmes agrochimique telles que Monsanto, Bayer, Syngenta... L'identité réelle des émetteurs des messages diffusés est dissimulée. Le seul message visible est "Protéger les plantes, pourquoi, comment ?" On a donc l'impression d'être sur un stand d'agronomie comme celui de l'INRA avec notamment une clinique des plantes.

>>> Le parc d'attraction ludo-toxique
Le visiteur est immédiatement attiré par des animations de type jeu avec un animateur qui permettent notamment aux enfants de gagner des petits kits pseudo-pédagogiques. Bien sûr, comme dans toute opération de manipulation basée sur le "persuasion management" (1), les questions-réponses sont orientées afin, par exemple, de stigmatiser les dangers des ennemis des plantes.

Les réponses concernant les ennemis des plantes sont toujours les plus noires et catastrophiques. Ainsi, Les questions sont présentées de manière dramatique..."combien de maladies touchent le blé?" , la réponse amène forcément le joueur à se questionner sur la nécéssité du recours aux pesticides.

>>> La désinformation virale
Le stand se présente comme un stand agronomique sur la protection des plantes et dresse un panorama des formes de luttes contre les ennemis des plantes en fonction de thèmes sensibles pour les consommateurs comme le vin (Pour info le vin c'est : 20% de la consommation des pesticides pour 3% de la surface agricole (2)....).

Une forêt de panneaux présente un amalgame d'informations sans articulation visible mais cependant très orientées. Le truculent panneau sur les rosiers donne le ton : "chaque année c'est la même chose vos rosiers sont infestés". En bonne opération de manipulation, l'information est déformée pour répondre aux objectifs de communication virale en :

1. exacerbant les risques sanitaires liés aux ennemis
2. caricaturant les alternatives aux pesticides
3. minimisant les dangers des pesticides
4. maximisant leurs avantages

>>> Une information caricaturale.
Afin de paraître totalement objectif, les panneaux évoquent la lutte biologique - qui n'est jamais nommée - on parle d'"auxillaire" de traitement. Il s'agit en l'occurrence des coccinelles qui ne sont pas présentées comme un exemple mais comme une solution alternative unique et bien maigre par rapport aux "pesticides réglementés dédiés" (la phrase est mise en exergue). La même logique réductrice est utilisée de manière encore plus caricaturale pour le document distribué aux enfants sur le stand. Les dangers liés aux ennemis des plantes sont largement représentés et exacerbés de manière outrancière en mettant l'accent sur des risques potentiels effrayants qui justifient l'usage des pesticides. Un exemple : certaines mauvaises herbes sont toxiques pour l'homme et les animaux.

>>> Aucune information claire par rapport aux risques
Bien entendu on traite sur ce stand, aux couleurs chatoyantes, de produits toxiques, mais aucune mention n'est faite des risques avérés que ces produits font courir à l'homme et à son environnement. Quant aux précautions d'usage, elles sont réduites à leur plus simple expression. Pour les produits de jardinage, seul un panneau peu clair vous conseille de respecter le mode d'emploi en cas d'utilisation ce qui est pour des produits toxiques la moindre des choses. Aucune information sur les gestes à éviter (ex : la pulvérisation près des zones humides…). Ceci est d'autant plus scandaleux que des enfants sont directement ciblés par les animations de ce stand qui tend à faire de ces produits toxiques des produits anodins.

Références

(1)Le « perception management » est une technique de persuasion mise au point par l’armée américaine. Voici la définition du département américain de la défense. « Actions consistant à fournir et/ou camoufler une information sélectionnée et des indices à des audiences étrangère de façon à influencer leurs émotions, leurs motivations, leurs raisonnements objectifs – Pour les organismes de renseignement et les décideurs de tous niveaux, ces actions consistent à influencer les évaluation officielles, pour parvenir en finale à rendre les comportements et les agissements officiels étrangers favorables aux objectifs de l’ émetteur.» Department of Defense – Dictonnary of Military and Associated Terms.

(2) chiffres UIPP -Ministère de l'agriculture

Comment les industriels des pesticides manipulent nos enfants !



Le dépliant distribué par l'UIPP et l'UPJ au Salon de l'agriculture destiné aux enfants se nomme "Comment ça pousse ?" Ce document d'aspect sympathique est loin de remplir sa supposée mission d'information. Nulle part, il n'est réellement expliqué comment les plantes poussent. Comme nous l'expliquons par ailleurs dans ce site, ce document à une vocation cachée de "persuasion management" donc en clair de manipulation. C'est d'autant plus scandaleux que l'on s'adresse à des enfants qui ne possèdent pas les clés de décryptage de ce type de techniques qui échappent bien souvent, aussi, à la plupart des adultes.

>>> Etape n°1 : Tromper la vigilance des adultes
L'aspect ludique et rassurant du stand UIPP (qui n'évoque pas clairement qu'il s'agit d'un stand financé par les industriels de l'agrochimie), l'animateur qui met en scène la distribution des brochures à la suite d'un jeu afin de magnifier le kit comme un précieux cadeau : TOUT contribue à rassurer les parents de l'enfant. La couverture pseudo pédagogique et anodine du dépliant contribue à le banaliser et et à tromper la vigilance des adultes. Aucun logo n'est visible sur la couverture on trouve les logo UPJ et UIPP cachés au dos. La signification des termes UPJ et UIPP et complètement illisible. Mélangé aux autres documents collectés lors du salon, ce document devient anonyme et complètement déconnecté de son émetteur l'UIPP qui représente notamment Monsanto, DOW, Bayer, Syngenta…

>>> Etape n°2 : Séduire l'enfant
Le petit sachet de graines ludiques et la promesse de devenir "le roi des jardiniers" sont là pour séduire et valoriser l'enfant et surtout le faire adhérer au discours sybillin distillé par l'UPJ et l'UIPP : tu seras le roi des jardinier si tu as de belles plantes. Pour avoir de belles il faut les protéger avec des produits : nos amis les pesticides. Il s'agit d'une opération de manipulation d'autant plus qu'elle vise des enfants. Le annalyse du contenu du documents le démontre encore plus clairement.

>>> Etape n°3 : Diffuser une information pernicieuse auprès d'un public sans défense
En fait, le dépliant UIPP destiné aux enfants ne répond JAMAIS à la question de la couverture, à savoir "comment ça pousse ?" Si on analyse rationnellement le dépliant, on se rend compte que plus de 50% du contenu est consacré aux "terribles" (sic) ennnemis des plantes aux des moyens de les eradiquer chimiquement.

Les "jeux de la ferme" ne parlent du tout de la ferme mais des "agressions des ennemis des plantes". Les résultats des jeux sont du type : "Oh lala ! Ce n'est plus un champ mais un restaurant à limaces". Sur les cinq pages "utiles" de contenu 3 traitent du fond de commerce des adhérents de l'UJPP et de l'UIPP soit plus de 50%.


2. Désinformation et irreponsabilité

>>> Dramatiser les risques, minimiser les alternatives et valoriser les pesticides
Bien entendu le vocabulaire et les visuels liés aux "ennemis des plantes" sont destinés à dramatiser le message : tous les ennemis des plantes sont disproportionnés, on voit notamment un abominable insecte géant poursuivre le sympathique enfant jardinier. Le monde végétal et animal sont caricaturés. On utilise des exemples extrêmes pour stigmatiser des dangers potentiels liés à des mauvaises herbes comme une ortie toxique Urtca ferox capable du tuer un cheval !!!
Les alternatives biologiques sont minisées de manière caricaturale on parle de "techniques naturelles" au lieu de parler clairement de lutte ou d'agriculture biologique.
La lutte biologique se limite aux gentilles "cocinnelles qui mange les pucerons". En effet, la phrase dit ceci : "il existe des techniques naturelles (coccinelles qui mange des pucerons)", le terme de par exemple ne figurant pas cela signifie pour l'enfant que les techniques biologiques se limitent aux coccinelles. Comme elles ne mangent que des pucerons pour le reste, il existe des produits magiques pour protéger les plantes des ennemis : les pesticides. Ils sont évidemment largement mis en valeur et listés avec les définitions des insecticides, fongicides, herbicides

>>> Des entreprises totalement IRRESPONSABLES
On parle de pesticide sans réellement des dangers pour l'enfant qu'il font courir. On trouve juste dans un modeste petit encart la phrase suivante : les pesticides sont des produits que seuls les adultes peuvent manipuler. Nulle part, il n'est expliqué pourquoi et que ces produits sont des produits extrêmement TOXIQUES ET DANGEREUX, pour la peau, les yeux, l'environnement encore moins que certains sont des poisons mortels.

Communiquer ainsi c'est nier le danger domestique de ces produits hautement toxiques et faire fi des risques réels d'accident domestiques lié aux pesticides.

vendredi, mars 03, 2006

Opération vérité du MDRGF au salon de l'agriculture



Samedi 4 mars, 11 heures,
Une vingtaine de membres actifs du MDRGF et de la Confédération Paysanne se sont déployés autour du stand de l'Union des Industries de la Protection des plantes (UIPP) et L'Union des entreprises pour la Protection des Jardins (UPJ).

Le stand est rapidement entouré d'un cordon de militants pendant plus d'une heure évitant ainsi le ludo-racolage de l'animateur destiné à attirer les enfants et leur distribuer des documents de "propagande" sur les pesticides. José Bové fera une visite sur les lieux pour soutenir les membres du MDRGF.

>>> Objectif n°1 :
Expliquer aux visiteurs qui se cache derrière ce stand
L'objectif de cette action était de rendre visible les commanditaires de cette pseudo-action d'information. Grâce à notre action, les visiteurs ont en effet été très surpris d'apprendre que ce stand qui ressemble à un stand agronomique était financé par le lobby agrochimique car aucun affichage présentant les commanditaires réels (Bayer, Monsanto, Syngenta, BASF…) que représente l'UIPP n'était présent.

>>> Objectif n°2
Dénoncer les opérations de manipulations irresponsables du lobby agrochimique
Les représentants du MDRGF ont expliqué aux visiteurs, notamment grâce à une distribution de tracts, quels étaient les réels objectifs de manipulation du lobby agrochimique particulièrement vis à vis des enfants. Au lieu d'expliquer comment "les plantes poussent ?", le dépliant conçu par l'UIPP, est destiné à formater l'esprit des jeunes enfants pour en faire des prescripteurs de pesticides et de futurs consommateurs !

>>> Objectif n°3
Médiatiser les dangers des pesticides
Les représentants du MDRGF portaient des tee-shirts mettant en avant les risques des pesticides pour la santé humaine (risque d'infertilité multiplié par 27 pour les femmes exposées aux herbicides) et l'environnement (53% des fruits et légumes contiennent des pesticides, 500 000 colonies d'abeilles détruites par les pesticides en 3 ans).